Aller au contenu principal
Parlez à TiTiAperçuLivreAccompagnementBlogÀ propos
Mon compte
← Tous les articles du blog
Couple âgé composé d’un homme noir et d’une femme blanche échangeant dans un jardin.

Valeur et amour-propre26/08/2026

Nous nous aimons déjà, mais pas toujours de la bonne manière

Par Thierry Bertrand

L’amour existe parfois déjà, mais sa manière de s’exprimer peut demander davantage d’attention, d’écoute et d’ajustement.

Je vais commencer par une phrase qui peut sembler étrange :

Nous nous aimons déjà.

Je parle ici de l’amour que nous cherchons à nous donner à nous-mêmes. Même certaines mauvaises décisions essaient de nous protéger, de nous soulager, de nous rendre une place, de conserver un avantage ou de nous rapprocher d’un bonheur que nous croyons menacé.

Cela ne signifie pas que nous nous traitons toujours bien.

Nous pouvons nous aimer avec une logique qui nous fait du mal. Nous pouvons chercher notre bonheur avec une méthode qui éloigne les personnes, les projets et les valeurs qui y contribuaient. Nous pouvons nous défendre d’une manière qui abîme notre propre fierté. Nous pouvons vouloir nous libérer d’une douleur et lui construire une maison plus grande.

Le problème n’est donc pas toujours l’absence d’amour-propre.

Nous manquons parfois d’une meilleure manière de nous l’offrir.

Un comportement ne résume pas toute notre nature

Quand notre partenaire nous traite d’égoïstes, de colériques, d’irresponsables ou d’infidèles, nous pouvons entendre une condamnation plus grande que la remarque formulée.

Nous entendons :

« Voilà ce que tu es. »

Alors nous défendons toute notre personne. Nous rappelons nos qualités et les jours où nous avons été généreux, calmes, fidèles, présents ou responsables. Nous voulons prouver que le mot est faux dans l’absolu.

Pourtant, notre partenaire ne prétend pas toujours connaître notre nature profonde. Cette personne parle souvent de ce qu’elle reçoit régulièrement de nous.

Une colère ne fait pas de nous une personne colérique. Mais si elle devient notre réponse habituelle, les personnes qui vivent avec nous finiront par utiliser ce mot pour décrire leur expérience.

Penser à soi n’est pas de l’égoïsme. Mais lorsque nos décisions cherchent continuellement notre bénéfice en laissant à l’autre le coût, le mot devient plus difficile à contester.

Une erreur ne fait pas de nous une personne irresponsable. Mais si nous décidons sans regarder les conséquences, puis demandons toujours aux autres d’en payer la facture, l’étiquette commence à raconter quelque chose de visible.

Cette étiquette peut encore être injuste. Notre partenaire peut juger trop vite ou ignorer nos efforts. Mais cette possibilité ne doit pas nous faire fuir la question utile :

Quels comportements ont donné naissance à ce mot ?

Nos habitudes peuvent nous qualifier aujourd’hui. Elles ne définissent pas tout ce que nous pouvons devenir.

Nous avons déjà changé des habitudes. Certaines ont disparu parce que nous avons grandi. D’autres ont été remplacées lorsque leurs conséquences sont devenues trop lourdes.

Nous ne sommes pas condamnés à rester la version de nous que notre dernier mauvais comportement a présentée.

Nous pouvons faire mieux.

Ce n’est pas une flatterie. C’est la responsabilité qui accompagne notre potentiel.

Derrière une mauvaise méthode, il y a souvent un bien recherché

Observons une colère.

Quelque chose nous frustre ou nous donne l’impression de perdre notre place. Nous élevons la voix, coupons la parole et sortons tout ce que nous retenions. Pendant quelques secondes, cela peut faire du bien. La pression descend. Nous avons l’impression de nous être défendus ou d’avoir obligé l’autre à mesurer notre souffrance.

La colère nous a offert un bénéfice.

Cela ne veut pas dire qu’elle était utile.

Observons la vengeance. Notre partenaire nous a fait mal. Nous cherchons un geste qui lui fera ressentir quelque chose de comparable. Quand cette personne souffre enfin, une partie de nous se calme. Nous avons l’impression que l’équilibre est rétabli.

La vengeance nous a offert un soulagement.

Cela ne veut pas dire qu’elle a réparé le couple.

L’égoïsme suit parfois la même logique. Nous accumulons les demandes, l’attention ou les avantages parce que chaque satisfaction produit un petit plaisir. Nous ne nous disons pas forcément : « Je veux détruire le bonheur de l’autre. » Nous nous disons plutôt : « J’ai besoin de cela. Je le mérite. Cela va me faire du bien. »

Notre besoin intérieur peut être compréhensible. Notre méthode peut tout de même être destructrice.

Comprendre le bien recherché ne blanchit pas le comportement. Cela nous montre où construire une autre solution.

Si je crie pour ne plus me sentir impuissant, comment retrouver du pouvoir sans perdre ma maîtrise ?

Si je me venge pour obtenir une forme de justice, quelle conséquence peut rendre la responsabilité visible sans créer une nouvelle faute ?

Si je contrôle parce que j’ai peur de perdre, quelles questions, quelles références ou quelles limites m’informeront mieux que la surveillance ?

Si je pense uniquement à moi parce que je me suis longtemps oublié, comment reprendre ma place sans retirer toute la sienne à l’autre ?

Être accompagné

Besoin d’un accompagnement ?

Pour appliquer ces repères à votre situation, consultez les séances et les créneaux réellement disponibles.
Réserver une séance→

Nous ne devons pas seulement supprimer un mauvais comportement. Nous devons comprendre la fonction qu’il remplissait, puis apprendre à la remplir autrement.

Un soulagement n’est pas encore un cadeau

Tout ce qui nous fait du bien ne nous fait pas nécessairement du bien.

Une réponse humiliante peut flatter notre fierté pendant trente secondes et nous laisser plusieurs jours de conflit. Un silence utilisé pour punir peut donner l’impression de contrôler la scène, puis installer la distance qui nous fera souffrir. Une dépense irréfléchie peut produire un plaisir immédiat et retirer demain la sécurité que nous voulions construire.

Le plaisir est réel.

La facture aussi.

Nous confondons parfois l’amour-propre avec la satisfaction de chaque envie. Je veux quelque chose, je me l’accorde, donc je prends soin de moi. Je ne veux pas faire un effort, je me protège, donc je me respecte. Je souffre, je dis exactement ce qui me passe par la tête, donc je suis fidèle à mon émotion.

Mais l’amour-propre ne se mesure pas seulement au confort de la personne que nous sommes pendant cinq minutes.

Il protège aussi la personne que nous retrouverons demain.

Il lui laisse une paix, une fierté, des relations, un corps respecté, une parole crédible et des décisions qu’elle pourra assumer.

S’aimer consciemment, c’est accepter une question parfois désagréable :

Ce que je m’offre maintenant est-il vraiment un cadeau, ou seulement une récompense dont la facture arrivera plus tard ?

Une bonne manière de nous aimer peut exiger de renoncer à un plaisir qui nous coûte trop cher. Elle ne refuse pas notre besoin. Elle refuse que le premier moyen disponible soit automatiquement le meilleur.

Prendre notre douleur au sérieux sans lui donner toute la maison

Après une rupture, une tromperie, une humiliation ou une grande déception, certaines personnes cessent de prendre soin de leur vie. Elles refusent les activités qu’elles aimaient, s’éloignent de leurs proches et traitent chaque sourire comme une trahison envers leur douleur.

La logique intérieure peut dire :

« Après ce qui s’est passé, je ne peux pas agir comme si tout allait bien. »

La phrase semble cohérente. Mais qui bénéficie réellement de cet abandon ?

Notre partenaire a peut-être commis une faute. Nous y ajoutons une vie qui cesse de recevoir les autres formes d’amour encore disponibles. Nous voulons montrer que la perte était grave et nous la rendons plus grande.

Reconnaître cela ne nous oblige pas à sourire sur commande. Nous pouvons éprouver de la tristesse et continuer à nous nourrir de ce qui reste vivant. Nous pouvons être déçus et protéger un projet qui ne porte aucune responsabilité dans cette déception. Nous pouvons perdre une source importante d’amour sans fermer volontairement toutes les autres.

Notre souffrance mérite une place.

Elle ne mérite pas nécessairement toute la maison.

Nous ne sommes plus seuls dans l’équation

Une personne seule peut organiser une grande partie de sa vie autour de ses intérêts, tant qu’elle en assume les conséquences.

Dans le couple, notre bonheur entre dans une construction qui en contient au moins deux autres : celui de notre partenaire et celui que la relation rend possible.

Notre partenaire a aussi choisi cette relation pour une raison. Cette personne cherche de l’affection, de la paix, de l’écoute, de la sécurité, de l’intimité, du soutien, de la considération ou une manière particulière de construire son avenir. Elle n’est pas entrée dans notre vie seulement pour assister à notre recherche personnelle du bonheur.

Nous pouvons donc nous aimer énormément et rester incapables de construire à deux.

S’aimer ne suffit pas.

Ressentir de l’amour pour notre partenaire ne suffit pas non plus.

Il faut produire une relation dans laquelle chacun trouve une valeur réelle.

L’amour-propre devient dangereux lorsqu’il transforme l’autre en outil. Notre partenaire doit nous rassurer, nous désirer, nous servir, nous pardonner, nous écouter et respecter nos limites, pendant que ses propres attentes deviennent des complications.

Nous appelons alors protection de soi ce qui est peut-être devenu une organisation du couple autour de nous.

Se donner le bon amour exige de protéger notre intérêt sans rendre l’intérêt commun impossible. Nous ne devons pas nous sacrifier jusqu’à disparaître. Nous ne devons pas non plus grandir en utilisant l’espace vital de l’autre.

Notre manière de chercher le bonheur doit laisser à cette personne une raison de continuer à le construire avec nous.

Donner beaucoup ne signifie pas toujours aimer correctement

Nous pouvons aimer sincèrement et nous y prendre mal.

Une personne offre des cadeaux parce que c’est sa manière naturelle d’exprimer l’affection. Le geste est peut-être apprécié, mais le manque principal reste l’écoute. Plus la distance grandit, plus la première personne achète des cadeaux.

Elle donne davantage.

Le couple ne reçoit pas nécessairement mieux.

Une autre personne se rend disponible à toute heure, résout chaque difficulté et anticipe chaque besoin. Elle appelle cela du soutien. Son partenaire peut finir par le vivre comme une surveillance, une dette ou une impossibilité de devenir autonome.

L’intention est belle.

La forme doit tout de même être examinée.

Nous ne devons pas seulement demander combien d’amour nous donnons. Nous devons regarder à qui nous le donnons, sous quelle forme, dans quelle quantité, à quel moment et avec quels résultats.

Une mauvaise dose peut fatiguer.

Une mauvaise forme peut ne pas être reconnue.

Un mauvais moment peut transformer une attention en pression.

Et une personne qui reçoit beaucoup sans jamais apprécier, protéger ni rendre aucune valeur peut convertir notre amour en ressource acquise.

La qualité de l’amour ne se mesure donc ni à sa quantité seule, ni à sa douceur, ni à la beauté de notre intention. Elle se mesure aussi à ce qu’il produit pour nous, pour notre partenaire et pour le couple.

Parfois, nous avons fait ce qu’il fallait, mais pas de la manière adaptée à cette personne. Parfois, nous avons bien fait et notre partenaire ne sait pas ou ne veut pas l’apprécier. Dans ce cas, augmenter indéfiniment l’amour ne nous donnera pas forcément un verdict favorable.

Aperçu gratuit du livre

Poursuivre avec 25 chapitres complets

Découvrez gratuitement d’autres chapitres avant de choisir la suite qui vous convient.
Lire 25 chapitres gratuitement→

Mieux aimer peut signifier adapter.

Cela peut aussi signifier cesser de donner automatiquement ce que l’autre ne protège jamais.

Le test de réciprocité révèle nos permissions spéciales

Une question simple peut dévoiler certaines mauvaises formes d’amour-propre :

Est-ce que je trouverais encore ce comportement acceptable si mon partenaire l’utilisait avec moi ?

Lorsque nous gardons le silence, nous disons que nous avons besoin de temps. Lorsque l’autre se tait, nous parlons de mépris.

Lorsque nous élevons la voix, nous expliquons que nous souffrions. Lorsque l’autre se met en colère, nous concluons que cette personne est mauvaise.

Lorsque nous pensons à nos attentes, nous parlons d’amour-propre. Lorsque notre partenaire défend les siennes, nous l’appelons égoïste.

Les situations ne sont pas toujours identiques. Un silence de quelques minutes n’est pas un abandon de plusieurs semaines. Une erreur isolée n’a pas le même poids qu’une habitude. La réciprocité ne consiste pas à prétendre que tout se vaut.

Mais « ce n’est pas pareil parce que c’est moi » n’est pas une nuance. C’est une permission spéciale.

Se mettre à la place de l’autre ne nous oblige pas à lui donner raison. Cela ajoute son expérience au calcul. Si notre méthode nous paraît juste seulement lorsque nous en bénéficions, nous ne sommes peut-être pas devant un principe, mais devant un privilège.

Le bon amour-propre ne demande pas à l’autre de supporter ce que nous déclarerions inacceptable si nous le subissions nous-mêmes.

Il cherche une règle assez cohérente pour protéger deux dignités.

Le regret doit corriger la méthode

Nous regardons parfois une ancienne décision avec les informations d’aujourd’hui et nous insultons la personne que nous étions.

« Comment ai-je pu faire cela ? »

« J’étais vraiment stupide. »

« J’ai gâché ma vie. »

Il faut reconnaître les erreurs sans falsifier leur contexte. Au moment du choix, nous essayions souvent d’obtenir un bien : conserver la relation, éviter la solitude, protéger une image, retrouver une paix, recevoir de l’amour ou sortir d’une douleur.

Nous avons peut-être mal calculé. Nous avons peut-être ignoré des conséquences, accordé notre confiance trop vite ou choisi une méthode incapable de produire le résultat attendu.

Mais le regret ne doit pas nier tout ce que notre ancienne version essayait, même maladroitement, de protéger.

Nous pouvons lui dire :

« Tu voulais me faire du bien. Tu ne savais pas encore bien t’y prendre. Maintenant que je connais le prix, je vais changer de méthode. »

Cette phrase ne supprime aucune responsabilité. Elle transforme l’expérience en apprentissage.

Le regret utile met notre logique à jour.

Le regret inutile condamne le passé et laisse la méthode intacte.

Donner à notre valeur une manière de vivre

Moi-même, en écrivant ce livre, j’ai compris certaines choses que je pensais déjà connaître. Certaines façons de me protéger ne me protégeaient pas. Certaines manières d’aimer fatiguaient. Certaines réactions qui me donnaient raison ne me donnaient pas une meilleure relation.

Je ne partage pas cela parce que je serais arrivé plus loin que les autres.

Je le partage parce que notre capacité à comprendre davantage prouve que nos comportements d’hier ne sont pas la limite de ce que nous pouvons offrir demain.

Nous valons mieux que certaines habitudes que nous avons laissées parler à notre place.

Mais connaître notre valeur ne suffit pas.

Il faut lui donner une manière de vivre.

Une personne exceptionnelle qui utilise continuellement une méthode destructrice ne produit pas une relation exceptionnelle. Son potentiel reste une promesse que son partenaire ne peut pas encore habiter.

Nous devons donc regarder derrière chaque conduite :

Quel bien suis-je en train de chercher ?

Quelle récompense immédiate maintient cette méthode ?

Qu’est-ce qu’elle me coûte ensuite ?

Que reçoit la personne avec laquelle je prétends construire ?

Quelle autre forme d’amour pourrait protéger le même besoin avec de meilleures conséquences ?

Nous n’avons pas besoin d’apprendre à nous aimer à partir de zéro.

Nous devons rendre notre amour plus conscient, plus cohérent et plus utile.

Parce que l’amour-propre n’est pas seulement la quantité d’attention que nous nous donnons.

C’est la qualité de la personne que cette attention nous aide à devenir.

Les questions qui vérifient la manière dont je m’aime

  1. Quel bien est-ce que je cherche derrière ce comportement ?
  2. Quel plaisir immédiat risque de me présenter sa facture plus tard ?
  3. Quelle autre méthode pourrait répondre au même besoin ?
  4. Accepterais-je ce comportement si mon partenaire me le faisait subir ?
  5. Que produit ma manière de m’aimer pour moi, pour l’autre et pour notre couple ?
Cette lecture peut aider quelqu’un.

Partagez le lien de cet article pour permettre à d’autres personnes de le lire.

FacebookXWhatsApp

À lire ensuite

Valeur et amour-propre10/09/2026

Pardonner, c’est d’abord cesser de se punir

Le pardon commence parfois par l’arrêt des punitions que nous continuons à nous infliger pour une blessure passée.

Lire l’article →

Valeur et amour-propre09/09/2026

La conscience éclaire ; elle ne condamne pas à perpétuité

La conscience peut révéler une faute et guider sa réparation sans nous enfermer définitivement dans la condamnation.

Lire l’article →

Valeur et amour-propre09/09/2026

Oublier n’est pas nier, c’est libérer le présent

Relâcher l’emprise d’un souvenir ne nie pas les faits, mais rend au présent sa capacité de respirer.

Lire l’article →

Commentaires 0

Un espace de réflexion respectueux. Chaque commentaire est relu avant publication.

Connectez-vous avec une adresse vérifiée pour commenter. Se connecter

    WhatsApp

    Un livre de Thierry Bertrand pour regarder sa relation avec plus de clarté, de responsabilité et de conscience.

    Explorer

    LivreAperçu gratuitAccompagnementÀ proposMon compteBlogDes mots pour avancerTélécharger

    Votre espace

    Mes rendez-vousMes donnéesLire en ligneMa progressionTélécharger

    Aide

    ContactQuestions fréquentesConditions de venteConfidentialitéMes choix de confidentialité
    © 2026 Save Mon CouplePensé pour une lecture calme, sur tous vos appareils.
    Nous nous aimons déjà, mais pas toujours de la bonne…